PENTECOTE

PENTECOTE

Cette fête dans le calendrier

Cet article est pour les chrétiens orthodoxes, mais aussi pour les personnes en
recherche de la Foi.
Pour ceux qui se posent une question : Au-delà du jour férié (dans le calendrier
ecclésiastique) ou de la fin de la période pascale, que célébrons-nous réellement lors
de la Pentecôte orthodoxe ?
La réponse courte : La Pentecôte, c’est le jour de naissance de l’Église chrétienne.
Joyeuse anniversaire !

Il faut savoir qu’il existe la hiérarchie des fêtes dans l’Église Orthodoxe. La plus grande fête est le Pâques – la résurrection de notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ.
Et tout de suite après – les 12 grandes fêtes, dont la Pentecôte.

Cette fête est logiquement attachée à la fête de Pâques ; et comme la fête de Pâques est une fête mobile (c’est-à-dire des jours différents en fonction de l’année), la Pentecôte est
également une fête mobile, le cinquantième jour après Pâques.

Période historique dans laquelle nous vivons

Du point de vue chrétien, toute histoire de l’humanité peut être divisé en 3 périodes.

Première période : de la création d’Adam jusqu'à l’Annonciation à la Vierge Marie.

Deuxième période : du Noël à l’Ascension (40ème jour après la Résurrection).

Et finalement la troisième période : de la Pentecôte au Jugement Dernier.

Nous vivons dans cette dernière période – diffusion mondiale du christianisme. Et le
début de cette diffusion est lié avec les événements à Jérusalem lors de la Pentecôte.

Le sens de la fête

La Pentecôte – c’est la descende de Saint-Esprit sur les apôtres et la Vierge Marie et
aussi la proclamation de la Bonne Nouvelle, par les apôtres, aidés par la force du
Saint-Esprit. On peut lire ce récit dans le Nouveau Testament : Actes des Apôtres,
chapitre 2 (entièrement).

Il faut reconnaître que pour ceux qui ne sont pas des chrétiens orthodoxes, les notions
de « Saint-Esprit » ou de « Consolateur » peuvent sembler abstraites : on comprend
plus facilement Noël, mais la Pentecôte semble une notion plus mystérieuse.

Saint apôtre Jean donne cette explication dans son premier épître (chapitre 4, versets
2 et 3) : Reconnaissez à ceci l’Esprit de Dieu – tout esprit qui confesse Jésus-Christ
venu en chair est de Dieu ; et tout esprit qui ne confesse pas Jésus-Christ venu en
chair n’est pas de Dieu, c’est celui de l’antéchrist…

Saint apôtre Paul, dans son premier épître aux Corinthiens (chapitre 12, verset 3) : Nul ne peut dire " Jésus est le Seigneur ! " si ce n'est par le Saint-Esprit.

Pour apporter un éclairage complet aux personnes hétérodoxes, il faut lire la Sainte
Ecriture et les explications des saints pères (résumées dans le catéchisme orthodoxe).

Les offices

Le jour de la Pentecôte, immédiatement après la Divine Liturgie, suit les Grandes
Vêpres avec la lecture de prières particulières à genoux. C’est l’un des offices les plus
solennels et émouvants de l’année orthodoxe.

Pour la première fois depuis Pâques, nous nous prosternons à nouveau devant le
Seigneur – en signe de repentir et de vénération. Mais ces prières ont également une
profonde signification théologique : elles sont consacrées à la descente du Saint-
Esprit sur les apôtres, qui marque la naissance de l’Église du Nouveau Testament.
Le prêtre lis sept prières (selon le nombre des dons du Saint-Esprit), agenouillés aux
Portes Royales, face au peuple. Les fidèles prient également à genoux.

Voici le tropaire (chant court, exprimant l’essence de la fête) de la Pentecôte :
Tu es béni, ô Christ notre Dieu – Toi, Qui as rendu tout-sages les pêcheurs, par la
descente sur eux de Ton Esprit-Saint, et par eux, as pris au filet l’univers tout entier.
Gloire à Toi, ô Ami de l’homme !

L’iconographie

Sur le plan théologique, l'icône de la Pentecôte est le miroir inversé de la Tour de Babel. À Babel, l'orgueil humain avait divisé les langues et dispersé les hommes ; à la Pentecôte, la descente de l'Esprit rétablit l'unité de l'humanité dans la diversité des langues, une unité visible dans la communion des apôtres.
L'icône orthodoxe de la Pentecôte est une œuvre d'une immense richesse théologique. Loin d'être une simple illustration historique des Actes des Apôtres, elle est avant tout une représentation symbolique de l'Église unie, structurée et habitée par l'Esprit Saint.
Les apôtres ne sont pas représentés dans le chaos ou l'agitation du vent et du feu, mais assis dans un ordre parfait, calme et liturgique.
Au sommet de l'icône, un segment de cercle bleu ou vert sombre représente la sphère céleste (le mystère divin). De cette source invisible descendent douze rayons se terminant par des langues de feu qui se posent sur la tête de chaque apôtre. C'est l'accomplissement de la promesse du Christ, le baptême dans l'Esprit.
Dans la partie inférieure, au sein d'une arche ou d'une grotte sombre, se tient un vieillard couronné vêtu d'habits royaux. Ce personnage est appelé le Roi Cosmos (Le Monde).
- La grotte obscure représente le monde plongé dans les ténèbres de l'ignorance et du péché avant la venue de l'Esprit.
- La couronne et les habits royaux rappellent la dignité originelle de la Création, faite pour régner avec Dieu.
- Le linge blanc et les douze rouleaux : Il porte dans ses mains un linge contenant douze rouleaux, qui symbolisent la prédication des douze apôtres qui va illuminer et sauver le monde entier.

Pentecôte dans notre vie

Après la descente du Saint-Esprit, la communauté apostolique s'établit à Jérusalem. Les Apôtres prêchaient quotidiennement dans le Temple de Jérusalem et dans les rues de la ville. Ils racontaient que Jésus, que Ponce Pilate avait ordonné de crucifier sur l'insistance des Juifs, était ressuscité et leur était apparu après Sa résurrection. Les Apôtres interprétaient les prophéties de l'Ancien Testament, témoignant que le Messie — le Christ — devait mourir et ressusciter, et ils expliquaient que toutes ces prophéties s'étaient accomplies en Jésus. Ils enseignaient : « Il n'y a sous le ciel aucun autre nom par lequel il nous faille être sauvés, que le nom du Seigneur Jésus-Christ ». Bientôt, le nombre de ceux qui furent baptisés à Jérusalem s'éleva à plusieurs milliers de personnes.

Outre la prédication dans les rues et dans le Temple, les Apôtres enseignaient les nouveaux convertis. Les membres de la jeune communauté chrétienne continuaient à fréquenter le Temple de Jérusalem, mais ils se réunissaient également dans les maisons pour y célébrer la fraction du pain — la Divine Liturgie, que Jésus-Christ avait commandé de célébrer en Son souvenir. C'est alors que le Seigneur accomplissait, par les Apôtres, de nombreux miracles. Des gens affluaient à Jérusalem depuis les villes voisines, amenant des malades et des possédés par des esprits impurs. Quand les Apôtres passaient dans les rues de la ville, on mettait les malades sur des lits et des couchettes, le long du chemin, afin que même l'ombre de Pierre les effleure, et les malades étaient guéris.

Les chrétiens confessent leur foi en l'Église Une, Sainte, Catholique et Apostolique. La foi, selon la définition de l'apôtre Paul, est « la substance des choses qu'on espère, la preuve des réalités qu'on ne voit pas » (Hébreux 11:1). Or, l'Église nous est visible : nous voyons les hommes qui la composent, nous voyons comment elle agit et vit dans le monde. Comment peut-on croire en elle ?

Le fait est que l'Église est une assemblée visible d'hommes unis par une foi commune et une prière unique, mais que Dieu Lui-même unit d'une manière invisible, en habitant en elle. De même que dans l'homme le corps visible et tangible est animé par une âme immortelle, ainsi dans l'Église du Christ Dieu vit et agit d'une manière invisible.

Pour aller plus loin

Consultez notre catalogue :

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