Homélie sur la parabole du Festin des Noces, le Vêtement Nuptial et les Fruits de l'Esprit
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Par l'Évêque Paul de Nikea (dimanche, le 6 septembre 2026)
Le Royaume des Cieux et l'invitation divine
L'Évangile d'aujourd'hui, tout comme le dimanche précédent, nous parle de la difficulté qu'a l'homme à comprendre ce qu'est le Royaume des Cieux. Nous avons rappelé que l'apôtre Paul a été ravi jusqu'au troisième ciel [2 Corinthiens 12:2-4]. Il a essayé d'expliquer ce qu'il y avait vu, mais n'y est pas parvenu, concluant finalement que l'esprit humain ne peut saisir ce que le Christ a préparé pour ceux qui L'aiment [1 Corinthiens 2:9]. Malgré cela, le Christ s'efforce de nous expliquer à quoi ressemble le Royaume éternel [Matthieu 13:24-52].
En ce dimanche, l'Évangile nous parle d'un banquet de noces [Matthieu 22:1-14]. Tout comme la parabole des vierges [Matthieu 25:1-13], il s'agit d'un mariage, d'une table dressée, de quelque chose de réjouissant. Un roi a préparé les noces de son fils et a envoyé ses serviteurs appeler les invités [Matthieu 22:3-4].
Les trois attitudes des hommes face à l'appel de Dieu
Le premier appel s'adressait aux Juifs, qui ont malheureusement refusé l'invitation [Matthieu 22:3-6]. Le roi a ensuite envoyé ses serviteurs appeler tous ceux qui se trouvaient aux carrefours et dans les chemins : des pauvres, des pécheurs, des personnes de toutes conditions, et la salle des noces s'est remplie [Matthieu 22:9-10].
Le Fils du Roi est Jésus-Christ. Le mariage auquel Il nous a appelés — et ne cesse de nous appeler — concerne chacun de nous. Face à cet appel, la majorité de l'humanité se divise en trois catégories :
- Ceux qui refusent ouvertement, prétextant leurs affaires et leurs travaux quotidiens [Matthieu 22:3].
- Ceux qui sont indifférents et négligents, laissant leur vie s'écouler sans répondre à l'appel [Matthieu 22:5].
- Ceux qui adoptent une attitude extérieure ou hypocrite face au don de Dieu [Matthieu 22:11].
Cet Évangile ne condamne personne, mais nous montre la miséricorde et l'amour de Dieu pour l'homme, tout en mettant en lumière la position de l'homme envers Dieu. L'Évangile nous aide à comprendre à quelle catégorie nous appartenons. C'est comme la parabole du semeur : une partie du grain tombe au bord du chemin, une autre sur la pierre, une autre dans les épines, et une quatrième dans la bonne terre [Matthieu 13:1-23]. Dieu ne nous accuse pas pour nous condamner, mais pour nous réveiller et nous aider à changer d'attitude spirituelle [Marc 1:15].
La négligence spirituelle et l'ignorance
Nous devons travailler le champ de notre cœur afin qu'il devienne une bonne terre et porte du fruit [Matthieu 13:23]. Nous, qui étions des païens hors du peuple élu, avons été invités [Matthieu 22:10]. Mais nous ne devons pas tomber dans la négligence et/ou de la tiédeur [Matthieu 22:5].
Les Saints Pères nous avertissent que cette négligence constante nous fait oublier notre propre salut. Nous nous préoccupons de mille et une choses, mais nous laissons la question de notre salut en suspens, en nous disant que Dieu est miséricordieux et qu'Il est amour [Luc 6:36 & 1er Jean 4:7-16]. Oui, Dieu est amour, mais la fin de l'Évangile nous rappelle qu'Il est aussi justice [Matthieu 22:13].
D'où viennent cette négligence, cette paresse et cette tiédeur ? Elles naissent d'abord de l'ignorance de Dieu et de soi-même. Saint Jean Chrysostome enseigne que l'ignorance provient de l'absence de lecture de la Sainte Écriture. Nous vivons à une époque saturée d'informations du matin au soir, rivés à nos téléphones et écrans. Nous cherchons des connaissances de manière horizontale : ce qui se passe en Chine, en Iran, aux États-Unis, en Ukraine, en Russie, partout ! Mais nous avons délaissé la connaissance essentielle : savoir Qui est Dieu, qui nous sommes, et ce que Dieu attend de nous. L'humanité essaie de trouver le sens de sa vie en dehors de Dieu, sans consulter la Sainte Écriture.
Pour surmonter cette ignorance, il ne suffit pas de lire la Sainte Écriture une fois, il faut la méditer et y revenir sans cesse par la répétition [Luc 2:19 & Actes 17:11 & Jacques 1:23-25]. La mémoire s'entretient par la répétition.
Le vêtement nuptial et les fruits de l'Esprit
Lorsque le roi est entré pour voir les invités du banquet, il a remarqué un homme qui n'avait pas de vêtements de noces [Matthieu 22:11]. Le roi s'est approché de lui et lui a demandé : « Mon ami, comment es-tu entré ici sans vêtement de noces ? » Et cet homme est resté muet [Matthieu 22:12].
Ce vêtement nuptial symbolise les fruits du Saint-Esprit : l'amour, la joie, l'empressement du cœur, la douceur, l'humilité, la foi et la maîtrise de soi [Galates 5:22 & 2 Pierre 1:5-8]. Nous sommes appelés à acquérir ce vêtement spirituel avant d'entrer au banquet céleste.
Lorsque le roi ordonne de lui lier les pieds et les mains et de le jeter dehors, les Pères de l'Église expliquent que cela représente la mort. La mort met fin à notre capacité d'agir et de travailler à notre salut. Les mains et les pieds représentent le travail concret de l'amour à travers nos actes, notre temps et notre espace offerts à notre prochain. Après la mort, il n'y a plus de possibilité de changer ou de corriger notre état spirituel.
Nous sommes crées à l'image de Dieu et par le Saint Baptême, nous avons reçu la grâce divine, et après cela, nous avons l'engagement de travailler afin de parvenir à la ressemblance divine (kath' omoiosin) et à la déification (theosis).